Soleil de l’Ombre
Au nom du Père, Allons nous battre » nous a-t-on dit,
La horde obtempère, dans un grand théâtre, s’annonce la tragédie.
Sur cette terre, nous brisons la charte, que le seigneur nous a transmis.
Entourer de nos pairs, gisant sous l’albâtre, il en est ainsi
Festin de Satan, le combat fait rage.
La Mort en pleine moisson des soldats de tous âges.
Les armes débattent d’un verdict sans cœur,
Des héros naissent, des hommes meurent.
Et tout cela, pour un champ labouré
Un champ de bataille, un champ piétiné,
Pour le chant des camarades, le champ d’honneur ?
Peu de chance ! cela reste un champ sans fleurs.
Aux enfants, on a rabâché que les justes sont Français
Paradoxe de la guerre, les Allemands font le contraire.
Les jours de fête, ils prient tous le retour de leur père
Dieu s’efforce, hélas, ils ne sont pas tous exaucés.
Dans cette misère, l’Espoir rime avec Survie.
Cadeau insignifiant, valeur inestimable,
Tel l’orange au creux des mains vulnérables,
Déjà un Noël mémorable pour ce petit.
La magie de son arome joue son tour.
Son orchestre de saveur en « tutti »
Transforme les bombes en tambours
Et les rafales en symphonies.
Soleil de l’ombre, chaleur tangible,
Au premier abord très peu crédible,
Mais l’émerveillement ne naît pas dans la complexité
Mais vient de notre perception de la réalité.