Mes poèmes
Ecrire des poèmes est pour moi un passe temps occasionnels. La poésie satisfait oisiveté : même si le plaisir court et intense, elle permet d’inclure des jeux de mots, tout en exprimant émotion intérieur associé à une situation vécue. En somme, pour moi, c’est un bon moyen d’offrir un cadeau ou un merci travaillé et un temps d’évasion collectif.
Ainsi les poèmes ci-dessous sont tous de mon cru :
Sonnette
Tintement sifflant, glas incessant, sursaut cinglant.
Assassin du calme, serviteur de la tempête,
L’arbitre des maisons en joue de la trompette,
Un trouble-fête : au seuil, un accueil en un instant.
Et les uns accourent, et les autres traînent
Pour venir au secours d’une solitude certaine.
Quelques secondes, le suspense est à son comble,
La révélation tue l’angoisse qui nous incombe.
De simples planches de bois séparent les deux parties,
Mais, se préparant au pire, on souhaite le meilleur :
La belle-mère ou l’âme sœur. Les Moires savent, les Dieux rient.
Voyez comme un si petit et banal objet
Chamboule l’organisation des grandes demeures.
Annoncez votre venue, vous serez apprécié.
fait le 18 juillet 2017 à Vall-llobrega en Espagne
Mirage
Regard vacillant en recherche de complicité.
La main prête à effleurer une once de la robe.
Le jeune équilibriste a appris à vivre avec la chute ;
Il recherche à tout prix à mourir au sommet.
Pur-sang en ébullition ne fait qu’un tour ;
La proie n’est pas dupe, le pieu s’apparente à la carotte.
Un rien, si brusque, si statique, a déjà sonné sa retraite.
Tel un phénix, elle ne peut être touchée que du regard.
L’entêté reviendra, car à force d’observation, de nouveaux détails suscitent sa curiosité.
Stendhal nous l’a dit : le cristal ne se brise que si une branche est secouée.
Mirage pour les cœurs assoiffés.
Leurs cris alimentent le silence de ce désert infini.
Au loin l’espérance renaît.
Regard vacillant en recherche de complicité.
fait le 19 octobre 2021 à Lille
Sans tu mens
Créature originale du règne animal,
Car la justice rendue par la nature s’oppose
À la subjectivité décisive de notre morale.
Le corps de l’âme au cœur des Hommes,
Vérités incontrôlables qu’une goutte précipite,
Charon de l’esprit qui nous guide au précipice.
Convulsions inéluctables coupées de rhum,
Tellement dicible, l’ingénu décèle le mensonge.
Pauvres sont ceux qui respirent la vie comme des éponges.
Sans poussière sous la paupière,
L’eau bourgeonne au coin de l’œil.
Tel le fruit mûr, Newton fait son affaire.
Petite perle devient rivière de deuil,
Cette chute d’eau, catharsis hors pair,
Relève l’homme avant que Dieu ne le cueille.
fait le 16 décembre 2022 à Roubaix
La penseuse
Assise dans le monde, absente du concret.
Le front penché, cheveux en rideau fermé.
Sa robe et sa posture taquinent notre pensée
Un visage imperceptible mais déjà éblouissant de beauté.
Dans un mouvement élégant, l’échine se redresse pour faire place au grand théâtre.
Le visage en lumière, l’imaginaire à des années, le fantasmatique est né.
Les imperfections sont agencées tel les pièces d’un puzzle.
Nymphes et déesses lui en veulent.
Les mots du regards en disent plus que la pulpe des lèvres.
Son regard résonne, sa bouche rayonne. Bientôt ses yeux en amandes, ses pommettes qui se gonflent Et ses lèvres qui s’étendent, mettent court à mon souffle.
Sans parole, elle outrepasse le mieux Sans voix, son silence est harmonieux.
Sans rien, un bonbon pour les yeux Sans couleur, le blanc domine la toile
Mais les tâches n’existent que sur les fonds unis
L’emballage donne plus de saveur que la friandise qu’il renferme
La perfection ne peut qu’être renversée
L’équilibre s’obtient aussi avec un balancier.
fait le 26 mai 2022 à Roubaix
Soleil de l’Ombre
Au nom du Père, Allons nous battre » nous a-t-on dit,
La horde obtempère, dans un grand théâtre, s’annonce la tragédie.
Sur cette terre, nous brisons la charte, que le seigneur nous a transmis.
Entourer de nos pairs, gisant sous l’albâtre, il en est ainsi
Festin de Satan, le combat fait rage.
La Mort en pleine moisson des soldats de tous âges.
Les armes débattent d’un verdict sans cœur,
Des héros naissent, des hommes meurent.
Et tout cela, pour un champ labouré
Un champ de bataille, un champ piétiné,
Pour le chant des camarades, le champ d’honneur ?
Peu de chance ! cela reste un champ sans fleurs.
Aux enfants, on a rabâché que les justes sont Français
Paradoxe de la guerre, les Allemands font le contraire.
Les jours de fête, ils prient tous le retour de leur père
Dieu s’efforce, hélas, ils ne sont pas tous exaucés.
Dans cette misère, l’Espoir rime avec Survie.
Cadeau insignifiant, valeur inestimable,
Tel l’orange au creux des mains vulnérables,
Déjà un Noël mémorable pour ce petit.
La magie de son arome joue son tour.
Son orchestre de saveur en « tutti »
Transforme les bombes en tambours
Et les rafales en symphonies.
Soleil de l’ombre, chaleur tangible,
Au premier abord très peu crédible,
Mais l’émerveillement ne naît pas dans la complexité
Mais vient de notre perception de la réalité.
fait le 21 décembre 2019 à Rouen
A toi mon Amour
Dans mon cœur serré,
Comme une lame acérée,
Ma passion pour toi se déchaine ;
Ma raison a fait naufrage.
Aphrodite n’est plus sereine,
D’Apollon tu es la reine.
Narcisse chargé de fleur,
A tes pieds, un serviteur.
Te perdre serait un combat, te séduire plus encore ;
Mais entre tous ces soldats je serai ton Orphée :
Aisance à braver l’enfer, tromper la Mort
En regard à me détourner de ton portrait.
Ma main coule sur toi comme le vent dans les dunes
Nous dansons l’amour sous le phare de la lune
Nos corps mélangés, Aristophane l’avait dit
Dans le nirvana, notre euphorie prit vie.
Les grains du sablier fleurissent les rives de mon ivresse
Les lignes de ton visage froissées par le temps auréolent le ciel de tes yeux
Ta chevelure nacre me rappelle ta robe de notre plus belle messe
Passer, avec toi, de ce monde à trépas, oui je le veux.